Matériaux de montage

 

Les matériaux classiques de montage sont des matériaux naturels provenant pour la plupart d'animaux courant sous nos latitudes. On trouve par exemple dans la plupart des mouches anciennes des plumes de coq ou de poule (ces dernières sont plus molles), ce qui permet de les faire flotter ou bien de donner vie à une mouche noyée. Si encore aujourd'hui de très nombreux montage utilisent les plumes de coq, les plumes de canards (essentiellement le cul de canard) sont désormais indispensable pour monter des mouches flottant bas, ou dans la pellicule. De plus de nombreux matériaux synthétique viennent remplacer parfois avantageusement les matériaux naturels comme le Z-Lon, qui permet de simuler l'éxuvie se détachant du corps, ou bien les aile mortes d'un spent.

Matériaux naturels:

Coq : Les plumes utilisés sont à ma connaissance exclusivement les plumes du cous. Elles jouent un rôle très important dans la confection des mouches sèches, essentiellement lorsqu'il s'agit de faire flotter la mouche haut sur l'eau afin de la voir dans des courants tumultueux. Elles interviennent aussi dans la confection des mouches à montage parachute, qui fonctionnent fort bien sur les rivières de plaine. La plume de coq doit être longue, élancée, et la longueur des fibres doit être sensiblement la même sur toute la longueur de la plume. Le quill doit être solide et aussi fin que possible afin de ne pas gêner les enroulements successifs. Sur la partie basse de la plume, on trouve un duvet, celui-ci ne doit pas remonter très haut sur le quill, puisqu'il doit être enlevé pour le montage de la mouche. Certaines marques tels que Metz ou Hoffmann, commercialisent des cous de coq de très belles qualités. Le prix moyen d'un cou de coq est d'environ 350FF, sachant qu'un cous contient un nombre très important de plumes, il peut être intéressant de n'acheter que des demi cous de coq. On peut ainsi disposer à moindre coût de plusieurs coloris.

Les lancettes sont des plumes beaucoup plus longue qui tombent de chaque cotés du cous. Ces plumes sont parfaites pour monter de beau hackle, mais leur prix est en général plus élevée.

Les pelles des coq pardo sont très connu pour imiter les cerques des mouches sèches. En effet les fibres sont longs et très rigides, ce qui permet à la mouche d'être parfaitement équilibré.

Pour voir les dif parties de la plume.


Canard: Le cul de canard est le matériaux moderne par excellence. C'est une plume d'environ 3 cm de long, composé d'un rachis assez important et de nombreuse fibres souples extrêmement duveteuse. La couleur naturelle est gris foncé (voir ci-contre), mais on la trouve déclinée dans toutes sorte de teintes. Une illusion de vie est créée par la souplesse des fibres, qui s'animent au moindre souffle d'air ou courant. Cette plume flotte de façon extraordinaire, il n'y a guère que les poils de cervidés qui peuvent soutenir la comparaison. Du fait de ces qualités elle est employée dans tous les montages où il est nécessaire de faire flotter (en générale de petite mouche) dans la pellicule de l'eau ou juste au dessus. Elle est utilisée pour représenter les ailes des mouches (autrefois représenté uniquement par le cous de coq) ou bien le sac alaire des émergentes. Elle est très utilisée par exemple aux Etats Unis dans la composition de la fameuse Comparadun, qui est pour moi la mouche sèche par excellence. En effet en variant la couleur du corps et de l'aile on peut imiter tous les imagos et subimagos existant. On peut aussi faire une mouche évoluant juste sous la surface, en créant un corps relativement dense (qui seras sous l'eau) et mettre en tête une touffe de cul de canard, pour la maintenir juste à la surface. C'est typiquement le cas des chironomes émergent.

Les autres plumes du canard sont essentiellement utilisées dans la représentation des ailes de sedge. Le fameux sedge roux de Ragot utilise les plumes brunes du colvert (ci-contre) pour imiter les ailes au repos. Les plumes de canard d'été (ci-dessous) représente parfaitement les ailes de la célèbre Mouche de Mai grâce à sa couleur jaune clair. Certains monteurs ont eu l'excellente idée de les utilisées en formant un hackle. Le hackle ainsi obtenu est mou, et très vivant. C'est ainsi qu'en montant une plume de flanc de cane en hackle, on obtient la fameuse Peute de Henri Bresson. On peut aussi s'en servir pour faire vivre certaines nymphes en hackle mou telles que certaines nymphes casquées commercialisé par la société Devaux.

 


Paon : Les fameux yeux du paon sont composés de plusieurs herls, qui forment le corps de plusieurs nymphes et mouches noyée. Pour cela il faut vriller 2 herls après les avoir fixés sur l'hameçon. On obtient alors un corps fourni noir très brillant, qui est certainement très attractif pour les truites. Le quill étant très fin, le montage est toute fois très fragile. On peut aussi s'en servir ébarber (il faut pour cela à l'aide d'une gomme frotter le herl afin d'ôter les barbes) pour réaliser des corps lisses de nymphe ou d'émergente. Le corps ainsi obtenu semble cerclé puisque le quill est plus foncé sur les côtés. Il est préférable avant d'enrouler le quill de déposer une fine couche de colle cyanolite afin de consolider le montage.


Perdrix : Les plumes de perdrix à première vue ne possèdent pas beaucoup de différence avec les plumes de flanc de canard, si ce n'est la taille. En fait les fibres sont beaucoup moins duveteux, et sont donc beaucoup plus indépendant les uns des autres. Cela leur permet d'avoir dans l'eau une incroyable mobilité, on va donc s'en servir pour réaliser des colerettes de mouches noyées. Elles sont à la base de tous les montages type "soft-hackle". C'est là leur principale utilité, mais comme souvent l'originalité et la créativité sont souvent à l'origine de belles réussites.

   

Faisan : Les sabres de faisan (les grandes plumes de la queue), sont composées de nombreux fibres assez raides et légèrement poilues (je ne trouve pas vraiment les mots). On les utilise en général, en prélevant quelques fibres, et en les enroulant directement sur le corps. C'est la base de la très fameuse "pheasant tail", d'où vient son nom d'ailleurs. Elles servent aussi pour imiter, les cerques des grandes éphémère, ou bien des nymphes, ainsi que pour la confection du sac alaire des nymphes, ou bien encore pour imiter les pattes d'insectes terrestre comme les sauterelles ou bien les tipules.    

Substitut de condor : Substitut hummmm, quel joli nom, un peu pompeux, mais joli. Mais qu'est ce donc que ce truc pourrait on être tenté de se dire. C'est tout simplement un bonne vieille dinde, et plus exactement, des portions de grandes ailes de ce volatile (les quills). Elles s'utilisent un peu comme le faisan vu précédement. il faut prélever les fibres un à un, et les enrouler sous un sous corps lisse, on obtiendra alors, on corps qui semblera naturellement cerclé. Ces plumes entre dans la composition d'un grands nombre de nymphes et d'émergentes. Les quills que l'on trouve dans le commerce, sont généralement composé de 2 parties, une possédant de grandes fibres, et de l'autre des fibres tout petits. Ces derniers peuvent être utilisés, pour imiter les ailes des petites mouches de pierres, ou entre dans la formule de montage d'une mouche très utilisée aux US, la "Prince nymph".    

Cervidés : Les poils de cervidés (et non pas les plumes) sont creux ce qui les rends quasiment insubmersible. Ils rentrent dans la formule de montage de certaines mouches très célèbres tels que le Helk Hair Caddis qui est un merveilleux sedge pour les eaux rapides. On les trouvent dans le commerce sur des carrés de peau de presque toute les couleurs. Les principaux poils commercialisés sont les poils de chevreuils et de cerfs. Je n'ai découvert la différence que très récemment, en effet les poils de chevreuils sont plus fins et moins rigides que ceux des cerfs. Il est donc préférable de posséder les 2 sortent de poils pour confectionner les mouches. Les poils de chevreuil s'utilisent donc pour des montages où l'on taille le poil tels que les sedges en chevreuil. Il faut en effet une grande densité de poils pour assurer un rendu correct. Personnellement je l'utilise aussi pour monter des Comparadun en remplaçant le canard par du chevreuil. Les poils de cerfs s'utilisent pour des montages nécessitant une forte rigidité des poils tels que le Helk Hair Caddis.

Lièvre : Les poils de lièvre crée un dubbing* extrêmement vivant est attractif. Il imite parfaitement le corps d'une mouche en pleine éclosion. Il est donc utilisé principalement dans le montage des corps de mouches émergentes, qui doivent flotter dans la pellicule. Il a donné naissance à la fameuse Oreille de Lièvres qui est une redoutable mouche sauve-bredouille. Ces une mouche atypique qui ne ressemble pas à grand chose, mais dont l'efficacité est redoutable lorsque les truites semblent imprenables. Le dubbing est réalisé, à partir des poils assez long, plus de la bourre. On peut aussi utiliser les poils long (uniquement cela), pour réaliser des colerettes. Elles ont l'avantage de ne pas vriller, lors des lancers, comme pourrait avoir tendance à le faire une mouche monté avec un hackle de coq. on obtient des mouches dont la spécifité est d'être pêchante sur des eaux lisses, où la discrétion est très importante.

 

*Dubbing: Le dubbing est une technique qui consite à fixer dans une boucle de fil des poils, qui seront bloqués en vrillant la boucle sur elle-même. Ensuite il suffit d'enrouler cette boucle sur la hampe de l'hameçon pour former un corps plus ou moins ébouriffé.